Galerie

Traditionnel & numérique

 

Au départ, ces peintures sont effectuées sur toile, à la main, au pinceau. Il faut aimer l’odeur des substances oléagineuses, des essences, des vernis. Fabriquer ses propres liants, les liquides à retoucher, les glacis. Qui n’a jamais réalisé une huile noire avec de la litharge et une plume d’oie pour la température exacte, se prive d’une partie des sensations inhérentes au métier. Tenter d’apprivoiser les arcanes de l’oeuvre à venir. Toucher des doigts les substances aux noms étranges, colle de peau de lapin, mastic en larmes, térébenthine de Venise, siccatif de Harlem, essence d’aspic, etc. Les couleurs à employer ou non, les terres naturelles, les teintes chimiques, leurs réactions entre-elles ou à la lumière, l’humidité, leurs dessiccations. Respecter les temps de séchage. Les brosses, les pinceaux en soie de porc, en poils de martre. Tant de savoir joyeux à acquérir. Un jour ou l’autre, le peintre se penche sur la peinture acrylique. Le plastique fait partie de notre vie moderne. Ensuite, découvrir les particularités d’une toile à gros ou petits grains, l’implacabilité d’un panneau de bois. Être surpris par n’importe quelle nouvelle surface préparée avec amour. Une quête alchimique. Ayant commencé à dessiner vers 7/8 ans, je me suis posé la question assez vite: d’où peuvent venir ces images que l’on tente de réaliser ? Au fil du temps, une réponse transparaît. Peindre en ce qui me concerne n’est pas la transcription d’un « imaginaire » à tendance plus ou moins hallucinatoire. Ni la reproduction d’une réalité écrasée par un sentimentalisme aléatoire.

Mais une tentative de donner libre cours à l’émersion d’un espace intérieur aussi tangible que notre voisinage, relié à celui-ci. Le plus fidèlement possible sans en « rajouter ». Tel qu’il se présente. Action pour s’abreuver à la source d’un inter monde entre le sensible et l’intelligible. Une réalité « apparitionnelle » se dévoilant parfois. Avec la refondation par le biais du numérique l’affinement se précise. On pourrait voir le travail terminé comme un palimpseste. Pourtant, le dessous sert au-dessus et inversement. Non pas comme des signes s’enchevêtrant au hasard du trait et des couleurs, mais induit par le sens. Une tentative de pont entre deux réalités, d’unification. Dürer voyageait à travers l’Europe avec son imprimerie transportée dans un chariot tiré par des bœufs, premier portable sans aucun doute. Delacroix adjurait ses amis peintres de ne pas mépriser les techniques modernes, la photographie par exemple, n’allait pas détruire la peinture. Utiliser les technologies nouvelles de notre temps sollicite nos perceptions sans répit. La bi réflexivité cette capacité que possède l’image à donner en rétroaction (feedback) une voie nouvelle se déploie avec une aisance reconduite sans cesse. Un travail photographié en haute définition se retrouve sur l’écran de l’ordinateur. Certaines images souhaitent communiquer davantage. Les outils classiques sont remplacés par la palette graphique. Une manière renouvelée d’entrer à nouveau sur le sujet. Si le surgissement du peintre se réactive, que demander de plus ? Imprimé sur toile, monté sur châssis le tirage est conforme à l’original. L’impression peut être garantie deux siècles.

 

E.V.

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Eric Vrignaud

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Le sculpteur de lumière

 

Bagneux, un pavillon des années trente, dans une rue calme et étroite de la barrière sud de Paris. Un ampélopsis est parti à la conquête du large bow-window de l’atelier d’Eric Vrignaud. Toiles retournées contre la paroi châssis, encore ouverts, bols, brosses, pinceaux et palettes font que tout est couleur. Des toiles de grand format exposées sur les cimaises règnent dans une atmosphère étrange. Dans des paysages vastes et silencieux, des personnages, des dieux, des anges peut-être, aux formes souples et ondulantes, bien individualisés, perdus dans leurs songes mystiques, nous ouvrent les portes de la mémoire de nos mondes intérieurs. Cette mémoire de l’origine n’est pas seulement une succession de belles images ni d’illustrations au sens fort du terme. Sa peinture éclate de vie. Eric Vrignaud peint avec patience et délicatesse sa vision personnelle de la lumière. Cette lumière se doit d’avoir un contenu. Peindre et culture de l’être sont pour lui inséparables. Personnage étonnant, exigeant, homme du livre, des livres, il dépeint dans une réflexion permanente les plus intimes parcelles de nos univers enfouis. Dans ses compositions, il nous révèle le sens des mots, avec une aptitude créative et visionnaire. Là où l’on croit voir de l’imaginaire, Eric Vrignaud fabrique du réel en laissant agir son inconscient (ce travailleur qui se passe de maître). Il tire du sommeil « les maîtres de l’erreur » que nous sommes et nous offre ainsi les clés de nos archétypes à retrouver. Ses mains sont larges, des mains de sculpteur. La touche est douce, lisse et régulière. Le modelé intervient lorsqu’il se combine à la couleur pour adoucir la rupture des plans. Les aplats sont tendus, pleins ou transparents. Formes et couleurs prennent soudain la première place. La force des compositions s’impose. Il peint debout ou assis, selon. De grande taille, il incline légèrement le buste vers son visiteur et, d’une voix profonde et modulée, appuyée d’un regard malicieux, disserte avec un humour décapant du sérieux apparent des choses pour mieux en dévoiler les fondations fragiles. Il lève le pinceau, la voix murmure, puis, soudain plus grave, porte l’estocade. Dites-lui qu’un tableau est « un dispositif à émouvoir », vous sentirez passer le souffle charmant et acidulé d’un esprit vif et critique. La générosité du rire qui suivra rejoindre l’éclat des couleurs de ses œuvres. De ses voyages au bord des Grands Lacs américains, au Mexique et surtout la mer de Normandie de son enfance, Eric Vrignaud connaît la force prodigieuse de la nature et son besoin de création permanente. C’est de l’inachèvement de notre propre nature qu’il nous entretient dans son œuvre. Les portes de l’inconscient s’ouvrent dans le silence des mots devenus maintenant signes et symboles. C’est le début d’un voyage auquel il nous invite.

 Il en est le guide, le peintre « magister », tel Virgile guidant Dante. C’est le monde des images construites sur les archétypes, perçus par son imagination active. Nous entrons dans une réalité dont la signification est essentiellement symbolique. Tout ce que l’on voit, c’est la voix. Écoutez l’image. L’œil écoute…la polyphonie où dominent violet, bleu, et rose. Les ocres, les oranges sont ceux d’un ciel couchant. Des paysages semblables à des jardins d’Eden perdus composent un chant grandiose. Le Phénix, oiseau messager de renaissance, éclate de couleur tel un arc-en-ciel sur le ventre d’une femme. Ailleurs, il apparaît au-dessus de l’Adam rouge, faisant jaillir un geyser de lumière. La totalité des toiles est investie. Agencement des tons froids et chauds en symphonies florales, végétales, tout est prétexte à un graphisme luxuriant, aux signes d’une abstraction colorée propre à créer le rêve. Seuls les arbres, aux silhouettes stylisées, tressées, s’élancent librement dans le firmament des dieux. Le temps et l’espace sont mis entre parenthèses. Parfois le ton se fait plus grave. Le minéral et la matière épaisse du pigment pèsent pour mieux fixer le regard au centre de la toile. Le miroir est ouvert, le vide, les ténèbres lumineuses, nous font entendre l’écho-silence des camaïeux de gris colorés. Tout est attente… pour que nous puissions saisir le sens de ce qui est en nous. Une attente certaine, une espérance, dans la vision de ces hommes et de ces femmes, en couples ou isolés, certains aux regards grands ouverts. Fragiles témoins de cette Nature Matrice. Passage d’un pont, montée d’un obstacle solitaire où le semblable devient le semblable, impliquent la notion de rituel. Errance éternelle, quête d’un territoire intérieur sont les passages obligés de la perception de l’œuvre. Eric Vrignaud réveille les énergies dormantes. Il nous touche ainsi au plus proche de notre âme, nous emporte vers une méditation qui permet, en comprenant mieux l’autre de nous comprendre mieux nous-mêmes. De quel secret procède l’œuvre d’Eric Vrignaud ? Il peint pour être relié au spectateur par l’œuvre, lieu de l’échange avec le monde entre réalité et transfiguration. Son chemin est authentique,  il ne triche pas avec la voie de sa propre réalité. Il nous invite à une conversion vers la lucidité. C’est peut-être cela le bonheur. Dans la nullité de la pensée, la ruée générale sur le tout image marchandise télévisuelle, le poète fonde ce qui demeure… une œuvre volée au bavardage ambiant et à la surdité du regard de nos contemporains.

 

Jean-Claude Lenglart

Professeur d'art graphique Esam.

Artiste plasticien.

 

Tarifs / Commandes

 

 

 

 

- Tarifs sur demande.

- Les tirages sont réalisés sur toile, montés sur châssis bois.

- L’impression est garantie entre 90 et 100 ans.

- Il ne sera effectué que 5 tirages par format.

- Les formats vont de 40/60 cm à 100/150 cm ou plus.

- Formats carrés et doubles carrés 40/40 cm à 100/100 cm

  et 40/80 cm à 100/200 cm.

 

- Livraison à votre domicile.

 

Pour commander veuillez me joindre à l’adresse suivante : evpeintetc@gmail.com

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